Arithmomètre Thomas de Colmar

Les premières machines à calculer

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« Le désir d’accélérer le calcul mental et d’en réduire l’effort intellectuel, ainsi que celui d’éliminer les erreurs dues à la faillibilité de l’esprit humain, est probablement aussi vieux que l’histoire des mathématiques. »

Howard Aiken, pionnier de l’informatique chez IBM, 1937

 

Malgré cela, un immense vide technologique sépare l’ère du boulier (utilisé par les Grecs, les Chinois, les Etrusques,…) du 17ème siècle.

 

C’est en effet à cette période que les premiers mathématiciens s’essayent à la création de machines à calculer, aussi appelées horloges à calculer.

 

La Pascaline, machine à calculer inventée par le mathématicien et philosophe Français Blaise Pascal 🇫🇷 est l’une des premières formes de machines à calculer.

 

Elle aurait été imaginée en 1642 et produite pour la première fois en 1645. Blaise Pascal aurait voulu créer cette machine pour aider son père, alors en charge de gérer les recettes fiscales de Haute-Normandie.

 

Cela montre bien la volonté de ces penseurs de commencer à automatiser ou faciliter le travail humain, qui commençait à devenir trop complexe pour une équipe.

 

Pascaline - machine à calculer

L’une de 8 Pascaline ayant survécu jusqu’à notre ère

 

La Pascaline n’est pas qu’un exercice de style. L’objectif de Blaise Pascal est de commercialiser cette machine. Mais il se confronte a des difficultés d’industrialisation et n’arrive pas à faire baisser le coût de production.

 

Blaise Pascal abandonne sa carrière »commerciale » suite à un accident de carrosse. Il se concentrera ensuite sur la philosophie, avec le succès qu’on connait.

 

Il dira de sa Pascaline :

« …ces machines sont coûteuses, un peu embarrassantes par le volume, et sujettes à se déranger. Ces inconvénients font plus que compenser leurs avantages. Aussi les Mathématiciens préfèrent-ils généralement les tables des logarithmes, qui changent les opérations les plus compliquées de l’arithmétique en de simples additions ou soustractions, auxquelles il suffit d’apporter une légère attention, pour éviter les erreurs de calcul. » (Œuvres de Blaise Pascal, tome 1, page 15).

 

Pascal est probablement le premier à avoir créé une machine à calcul « de bureau ». Son succès n’a pas été au rendez-vous, mais il a créé des vocations chez ses successeurs, et ce jusqu’à nos jours.

 

Le 18ème siècle

En France, l’influence de la Pascaline va durer sur l’ensemble du 18ème siècle, avec une mise à jour réalisée par Lépine.

En Italie, Giovanni Poleni, mathématicien de Venise, lance une machine à calculer capable de réaliser des multiplications en totale autonomie.

Il est dépassé par une machine similaire construite en Autriche par Antonius Braun. Il met l’accent sur le design de la machine, ce qui lui permet d’en vendre un bon nombre d’exemplaires.

La machine à calculer de Braun

La machine à calculer de Braun

 

Le 19ème siècle

Après plus d’un siècle de tentatives, c’est en 1951 que l’industrie de la machine à calculer prend son envol.

 

Et c’est une fois de plus l’oeuvre d’un Français, Thomas De Colmar 🇫🇷 !

 

Il dépose un brevet en France pour un arithmomètre en 1820. En 1851 (seulement) le premier modèle sort des usines françaises. La production va durer jusqu’en 1915, et plus de 5 000 machines seront vendues en France (40%) et dans le monde entier (60%).

 

L’arithmomètre de Thomas De Colmar est la première machine à calculer assez robuste et fiable pour être utilisée quotidiennement par les comptables et les fonctionnaires. C’est la première forme de succès connu lié à ce type de machine.

Arithmomètre de Thomas de Colmar

Arithmomètre de Thomas de Colmar

 

Ces machines à calculer, comme aujourd’hui les ordinateurs, smartphones, serveurs et robots qui nous accompagnent au travail et dans nos vies au quotidien, sont la matérialisation de l’esprit mathématique de l’Homme.

 

Les mathématiques peuvent être un moyen d’expliquer le fonctionnement du monde, mais aussi d’éliminer les erreurs humaines et de supprimer les tâches répétitives. Ces machines montrent bien que nous n’avons cessé de travailler dans ce sens.